Identification et description
Nom du jardin Parc du Château de Chêne-Al'-Pierre
Date de création à partir de 1852
Province Luxembourg
Arrondissement Marche-en-Famenne
Commune Manhay
Auteur/ Créateur Henri Stéphens, horticulteur, jardinier au jardin botanique de Liège
Coordonnées route de Liège, 19-216960, Chêne-al'-Pierre
Localisation Latitude : 50.3291078
Longitude : 5.6794982999999775

Historique

Au début du XIXe siècle, la propriété de Chêne-al'-Pierre ne comprend qu'une modeste habitation rurale environnée d'hectares de bruyères appartenant à la Commune de Grandmenil. En 1844, l'avocat liégeois Richard Forgeur, ancien membre du Congrès national et membre de la Société d'Horticulture de Liège, s'en porte acquéreur et entame le boisement des parcelles environnantes. Le 18 août 1852, soit huit ans après son acquisition, Forgeur vend sa propriété à un autre liégeois, Henri Stéphens (1798-1889), qui fait agrandir la maison en la dotant d'une nouvelle façade et d'une tour carrée en léger ressaut, de remises et d'écuries. Formé à la botanique et à l'horticulture - il avait suivi les cours d'André Thouin (1747-1824) au Jardin des plantes à Paris -, Stéphens avait été nommé second jardinier à l'Université de Liège et y avait dessiné le plan du jardin en 1819. Par la suite, il avait assumé la gestion des plantations du domaine de Colonster de 1831 à 1837 ainsi que le cours de botanique et d'agriculture à l'Ecole vétérinaire libre de Liège. Il faisait partie de la Société des Sciences naturelles de Liège, fondée en 1822, qui regroupait des personnalités aussi éminentes que le géologue André Dumont, le botaniste Richard Courtois ou le minéralogiste Lévy. Grand voyageur, il herborisait beaucoup et avait fondé son propre établissement horticole consacré à des pépinières forestières à Liège en 1829. Lorsqu'il acquiert le domaine de Chêne-al'-Pierre, Stéphens était surtout actif en tant que créateur de jardins, métier qu'il pratiquera jusqu'à l'âge de 82 ans. L'organisation actuelle du parc résulte en majeure partie de ses travaux et agrandissements. Dix ans avant son décès, il a vendu la propriété au notaire Camille Leurquin. Après lui, Henri van Hoorde a encore agrandi la propriété de fermes, bois et terrains forestiers jusqu'en 1926. Le château et certaines parcelles boisées ont été repris par le baron Paul de Sadeleer qui les a cédés à ses deux filles. Le cœur du dispositif paysager est un étang aux contours irréguliers creusé en regard de l'habitation dont l'état d'abandon actuel ne permet plus d'apprécier le caractère pittoresque des scènes plantées par Stéphens à son pourtour. Les grands arbres conservés sur ses limites apportaient l'ombre souhaitée en bordure de la surface d'eau. De beaux groupes d'arbres répartis dans les surfaces enherbées témoignent d'un mode de plantation sobre alternant avec justesse les massifs plantés et les zones dégagées. Toutefois, les essences conservées ne représentent probablement qu'un aspect du parc de la fin du XIXe siècle qui devait certainement comprendre des végétaux de collection et des plantes du nouveau monde. Au-delà de l'étang, les circulations ont disparu et les groupes d'arbres ne participent plus à la composition paysagère.

Description

Éléments architecturaux : En regard de l'entrée de la propriété, longs bâtiments en moellon de grès, de plusieurs corps mais d'un seul niveau, couverts de toitures à deux versants en ardoise artificielle prolongées d'une bâtière largement débordante sur le volume en avancée vers la gauche. Ces bâtiments de fonction ont été restauré après 1960 et réaffectés à l'habitat.

Éléments végétaux : L'arbre le plus remarquable du parc est un wellingtonia (Sequoiadendron giganteum) situé derrière l'habitation. De part et d'autre, des hêtres pourpres (Fagus sylvatica 'Atropurpurea') et verts (Fagus sylvatica), des érables sycomores (Acer pseudoplatanus), des chênes pédonculés (Quercus robur) et des ifs (Taxus baccata et Taxus baccata 'Dovastoniana') constituent une courte frange plantée. En regard du pignon gauche de la maison, un chêne fastigié (Quercus robur 'Fastigiata'). Au pourtour de l'étang, des ifs (Taxus baccata) sont ponctuellement associés à un chêne pédonculé (Quercus robur), un marronnier (Aesculus hippocastanum) et à des semis naturels de frêne (Fraxinus excelsior) et d'aulne (Alnus glutinosa). Le long du chemin d'accès reliant l'habitation à l'ancien bâtiment de fonction, de beaux groupes de hêtre vert (Fagus sylvatica) sont suivis d'un bouquet d'arbres où se distingue la silhouette d'un chêne fastigié, des groupes de marronnier (Aesculus hippocastanum) et de chêne pédonculé (Quercus robur).À proximité des bâtiments de fonction devenus habitation, un thuya (Thuja plicata) et un frêne pleureur (Fraxinus excelsior 'Pendula') en situation isolée. À l'extrémité des surfaces enherbées comprises derrière le bâtiment, des ensembles de marronnier (Aesculus hippocastanum) voisinent avec des chênes pédonculés (Quercus robur).

L'eau : En regard de la façade de l'habitation, une surface d'eau aux contours tourmentés, présentant plusieurs étranglements, est à l'état d'abandon. Les vestiges d'une passerelle effondrée sont visibles au pied du grand chêne pédonculé.

État de conservation : Les groupes d'arbres et les bosquets qui rehaussent les surfaces gazonnées de part et d'autre du chemin d'accès relèvent des plantations effectuées par Henri Stéphens 1852 et 1880. Sachant les compétences botaniques et horticoles du créateur, on peut penser qu'une végétation arbustive sélectionnée avec science et des plantes du bord des eaux accompagnaient alors les abords de l'étang. Ses berges, envahies de végétation spontanée, sont aujourd'hui en partie effondrées. L'envasement et le manque d'alimentation ont provoqué une baisse importante du niveau d'eau. Le chemin d'accès est la dernière voie de circulation conservée.

Maintenance : Les travaux d'entretien se résument à la coupe des zones enherbées comprises de part et d'autre du chemin d'accès et des surfaces gazonnées attenantes aux anciens bâtiments de fonction. Les pieds des grands arbres sont bien dégagés dans cette partie de la propriété et les franges arborées, isolant le parc de la voirie, sont régulièrement débroussaillées.

Cartographie

Carte chorographique des Pays-Bas autrichiens du Comte de Ferraris (1771-1777) : 195/1

Carte topographique 1.20.000e (Dépôt de la Guerre) : 55/3 (Bra) Impr. coul.

Carte topographique 1.10.000e (Institut Géographique National) : 55/3

Orthophotoplan 1.10.000e (Service Public de Wallonie) : 55/3/3

Bibliographie

DE SELYS LONGCHAMPS Edmond, « Notice néocrologique sur Henri Stéphens », Bulletin de la Société royale de Botanique de Belgique, t. 29, Bruxelles, 1890, p. 303-309.

DE WALQUE A., « Le château de Chêne-al'-Pierre. Contribution à l'histoire de cette propriété », Vie culturelle à Manhay, n° 20, 2000 (4e trim.), p. 9-11.

Informations administratives

Publié : oui

Superficie : 7 hectares

Informations complémentaires

Auteur du formulaire : Serge Delsemme / Nathalie de Harlez de Deulin

Date de création de la notice : 2003-03-08

Caractéristiques du parc/jardin

Statut du jardin : privé

Accueil du public : fermé au public

Type de jardin : Paysager