Identification et description
Nom du jardin Parc du Château Boël
Province Hainaut
Arrondissement Soignies
Commune La Louvière
Coordonnées rue Gustave Boël, 1647100, La Louvière
Localisation Latitude : 50.4801393
Longitude : 4.171338300000002

Historique

En 1880, en plein essor des activités industrielles en région louvièroise, la famille Boël décide d'implanter ses activités en bordure du futur canal du Centre inauguré en 1917. Le lieu d'implantation des usines se situe à proximité de la verrerie Saint-Laurent et en vis-à-vis de la résidence du non moins célèbre industriel Victor Boch bâtie quelques années auparavant par l'architecte bruxellois Joseph Poelaert. A l'ouest du parc industriel, séparé des usines par un mur, s'élève un château de style néorenaissance d'une grande austérité, œuvre de l'architecte Mahieu, de Binche. En pierre et brique sur un soubassement en pierre, l'ensemble est flanqué de trois tours prises d'assaut par une vigne vierge. Outre une décoration intérieure abondante et somptueuse, la demeure se distingue par un élément architectural remarquable : sa très belle verrière en fer forgé, sans doute réalisée par les ouvriers de l'usine, dont la couverture aurait été renouvelée - et sans doute abaissée - après 1930. Réservé aux plantes exotiques, ce jardin d'hiver conserve une rocaille agrémentée de niches et de poches d'eau où subsistent encore quelques plantes. Au nord-est de la propriété, une petite exploitation agricole et un vaste jardin assuraient aux occupants une autarcie quasi totale. Malgré un évident manque d'entretien depuis une dizaine d'années, le parc présente toujours un ensemble homogène. La distribution des hautes tiges et le choix judicieux des essences, l'implantation et la répartition des scènes pittoresques essentiellement regroupées autour du plan d'eau, le modelé souple des surfaces gazonnées traitées en coulée naturelle dévalant jusqu'au plan d'eau, la distribution des chemins et sentiers menant à la découverte de constructions pittoresques sont autant d'éléments témoignant de l'intervention d'un paysagiste talentueux. Dans les zones boisées, la promenade conduits sous le couvert de belles essences paysagères, aux vestiges de l'ancienne verrerie traitée en fausse ruine, et noyée dans le lierre. Depuis le perron nord, précédée de pelouses rehaussées de parterres abondamment fleuris, s'ouvrait l'unique vue extérieure plongeant sur le canal du Centre. Enclavée entre la ville (au sud) et une large zone industrielle (au nord), cette ancienne propriété Boël - bien souvent ignorée car coupée du monde extérieur par son épaisse et belle ceinture paysagère en pleine maturité - constitue un important îlot de verdure aux biotopes variés, préservés au centre d'un tissu urbain dense.

Description

Éléments architecturaux : De hauts murs en briques isolent la propriété du parc industriel et du réseau urbain alentours. A l'est, à proximité de l'accès à la propriété depuis les usines, se tient une petite ferme clôturant un vaste potager. Adoptant un plan en U, cette construction en brique sous un toit d'ardoise abritait autrefois étable, écurie, porcherie, poulailler, fenil et, dans l'aile sud, le logement du « chef de culture ». Depuis le château au départ de la promenade contournant le plan d'eau vers l'ouest, en sous-bois, vestiges de la base octogonale en briques d'un kiosque aujourd'hui disparu. Plus loin, en contrebas du chemin, grotte-belvédère en rocaille. Au milieu d'un petit cours d'eau émerge, à environ deux mètres d ehauteur, un amoncellement de roches dont le sommet est accessible par deux escaliers. D'étroits passages permettent de pénétrer sous ce rocher traversé par un mince filet d'eau rafraîchissant. Quelques niches et ouvertures sont creusées dans les parois. Dans la partie ouest du parc, se dressent les vestiges de l'ancienne verrerie Saint-Laurent dont le four, témoins d'une activité antérieure à l'implantation des usines Boël. A proximité, maison bâtie sur les fondations d'anciens bâtiments de la verrerie. Le long du mur nord du potager(face extérieure), chenil fermé sur trois côtés par des panneaux grillagés maintenus entre de fins poteaux en fonte sommés de chapiteaux à visages humains surmontés de petites spères à cinq pointes.

Éléments végétaux : La composition paysagère compte quelques beaux arbres, principalement en partie sud du parc : quelques chênes rouges d'Amérique (Quercus rubra) dont un bel exemplaire près de l'étang, un cyprès chauve (Taxodium distichum), un tilleul argenté pleureur (Tilia petiolaris), un groupe de trois platanes communs (Platanus x acerifolia), un cèdre bleu de l'Atlas (Cedrus atlantica 'Glauca') planté en 1937, un catalpa (Catalpa speciosa), un chêne des marais (Quercus palustris), un cephalotaxus (Cephalotaxus fortunei), une portion d'allée de marronnier d'Inde (Aesculus hippocastanum), quatre châtaigniers (Castanea sativa), un noyer noir (Juglans nigra), un peuplier grisard (Populus canescens), une sapinette d'Orient (Picea orientalis). Quelques hêtres pourpres (Fagus sylvatica 'Atropurpurea'), un frêne à fleurs (Fraxinus ornus), deux frênes pleureurs (Fraxinus excelsior 'Pendula'), quelques érables sycomores (Acer pseudoplatanus), un magnolia (Magnolia x soulangiana), un wellingtonia (Sequoiadendron giganteum). Pus au nord, une large prairie est bordée d'une ceinture végétale d'essences indigènes où dominent quelques massifs de marronnier d'Inde (Aesculus hippocastanum) et des hêtres pourpres (Fagus sylvatica 'Atropurpurea').

Potager : A proximité de l'entrée nord-est, derrière la ferme s'étend un vaste potager clos d'un mur en brique. Deux allées bordées de haies de buis doublées de fruitiers en contre-espaliers divisent l'espace de culture sur un plan traditionnel en croix. Une serre à vignes précédée de quelques couches est adossée au mur nord. Trois serres chauffées, l'une dans l'enceinte potagère et deux à l'extérieur, complètent cet espace.

L'eau : Au sud, en fond de perspective, vaste plan d'eau aux contours souples, agrémenté d'une île arborée, jadis accessible par une passerelle métallique à tablier arqué. Le plan d'eau s'étire à l'ouest pour former un bras d'eau courbe s'achevant sur une cascade artificielle. Au-delà, l'eau s'écoule dans un ruisseau retenu par un ouvrage d'enrochement formant barrage, plus modeste, avant de disparaître sous terre. Plus à l'ouest, dans les sous-bois, un ru approvisionné par le trop-plein du plan d'eau alimente un petit étang étiré autrefois enjambé par une passerelle à tablier droit. En aval, une retenue aménagée en aire de fraîcheur et rehaussée d'un belvédère est traversée par un filet d'eau qui, à sa sortie, s'écoule lentement sur une rocaille puis dans un second étang avant de se perdre dans les bois. Le Thiriau qui longe la propriété vers l'ouest fait une brève incursion dans le parc.

Particularités : Implantée au cœur de La Louvière, au sein de l'enceinte des anciennes usines, cette ancienne propriété Boël demeure un des derniers témoins de la prospérité industrielle de la région du Centre à la fin du XIXe siècle. Le parc paysager conserve quelques éléments pittoresques dont une grotte de fraîcheur et une cascade nécessitant d'importantes mesures de sauvegarde. Le jardin d'hiver accolé au pignon oriental du château est bâti en hors œuvre au dessus du local de chaufferie. Ce local en T est surmonté d'une terrasse en majeure partie couverte par la verrière. Depuis l'extérieur, un escalier en pierre accompagné d'une rampe au décor Renaissance mène à ce jardin d'hiver également accessible depuis le vestibule du château. Le mur séparant le vestibule de la verrière est percé d'une porte, une fenêtre et une large baie. La structure en fonte, sans doute réalisée dans les usines Boël, repose sur un muret en maçonnerie de brique et pierre vers l'extérieur et enduit de béton à l'intérieur. Des vitres sur châssis de bois sont incluses entre les pièces de fonte. Une frise de volutes en souligne la partie supérieure. L'ensemble est couvert d'une structure carénée en fer et verre, sans doute renouvelée après 1930 et abaissée dans sa partie centrale. Quelques radiateurs, dont l'un en fonte, réchauffaient le jardin. Le sol est en béton et la surface centrale est occupée par un îlot de rocaille artificielle creusée de cuvettes destinées à accueillir diverses plantes exotiques.

État de conservation : La propriété Boël était séparée de la verrerie Saint-Laurent contiguë à la voirie. Lors de la destruction des bâtiments de la verrerie en 1897, l'espace occupé par cette fabrique est annexé à la propriété, intégrant la voirie qui devient alors un chemin privé. D'après des vues anciennes et d'après la mise en œuvre et le montage de la structure de la verrière du jardin d'hiver, il paraît vraisemblable que celle-ci ait été restaurée après 1930. A l'ouest du château, au départ du chemin de promenade se tenait un kiosque octogonal dont il ne reste aujourd'hui que la base en brique. Un registre de 1930 reprenant les biens de la famille Boël note l'existence d'une glacière dans le parc sans la situer. Quelques autres éléments ont également disparu au fil du temps tels des ponts métalliques, un terrain tennis, une terrasse ornée d'une statue et des topiaires. Inoccupé à partir de 1989, le château, le parc ainsi que la ferme ne reçoivent plus qu'un entretien très limité. Aujourd'hui, les rares perspectives depuis le château se referment naturellement suite au développement de la végétation. Certains chemins et sentiers sont envahis par une végétation spontanée. Les vastes étendues enherbées, un temps livrées au bétail, sont aujourd'hui envahies de semis naturels. Le plan d'eau s'envase lentement, ses berges ravagées par les galeries de rats musqués sont colonisées de roseaux. Le ruisseau qui traverse l'intéressante grotte-belvédère est partiellement asséché et un épais taillis dissimule ce bel ouvrage.

Maintenance : Seuls les abords directs du château sont entretenus (pelouses et haies). De nombreux éléments ont disparu ou sont dissimulés sous l'épaisse végétation. Il serait urgent de faucher les prairies progressivement envahies par une végétation arborée, sous peine de voir disparaître la belle perspective axée sur le plan d'eau dont les berges nécessitent une consolidation. Des replantations étalées assurent une régénération progressive du patrimoine arboré du parc plus que centenaire.

Cartographie

Carte chorographique des Pays-Bas autrichiens du Comte de Ferraris (1771-1777) : 65/2, 64/4

Carte topographique 1.20.000e (Dépôt de la Guerre) : 46/1 (Le Roeulx) Impr. coul. 1896

Carte topographique 1.10.000e (Institut Géographique National) : 46/1

Orthophotoplan 1.10.000e (Service Public de Wallonie) : 46/1/4

Iconographie

Autre(s) source(s) iconographique(s) :
Plusieurs cartes postales montrant le parc vers 1900 (Coll. Emile Henrard).

Bibliographie

Recensement des arbres et haies remarquables de Wallonie, Ministère de la Région Wallonne.

WARZEE G. (coord.), Le Patrimoine moderne et contemporain de Wallonie de 1792 à 1958, Namur, DGATLP, 1999, p. 134.

Informations administratives

Mériterait le classement pour : l'ensemble du parc incluant la grotte et la verrière accolée au pignon oriental du château.

Publié : oui

Superficie : environ 15 hectares

Informations complémentaires

Auteur du formulaire : Didier Hoyos / Odile Moreau

Date de création de la notice : 2002-08-20

Caractéristiques du parc/jardin

Statut du jardin : privé

Accueil du public : fermé au public

Type de jardin : Paysager