Identification et description | |
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Nom du jardin | Parc de l'abbaye de Saint-Denis |
Nom ancien | Abbaye de Saint-Denis en brocqueroie |
Date de création | XVIIIe siècle ; à partir de 1814 ; vers 1959 ; dès 1977 |
Province | Hainaut |
Arrondissement | Mons |
Commune | Mons |
Coordonnées | rue de la Filature, 47034, Saint-Denis |
Localisation | Latitude : 50.49256889999999 |
Longitude : 4.019642400000066 |
Fondée en 1081, sous l'impulsion de la comtesse Richilde de Hainaut, par des moines
bénédictins de l'abbaye de Sauve-Majeure dans la région de Bordeaux, l'abbaye de Saint-Denis
est implantée sur la rive gauche de l'Obroecheuil, à l'emplacement d'une ancienne
chapelle dédiée à Saint-Denis relevant de l'abbaye de Lobbes. Une première abbatiale
romane s'élève au cœur d'un vaste ensemble claustral entouré de petits carrés de cultures
et ceinturé de bois. Au XVIIe siècle, l'abbaye connaît un renouveau architectural avec la reconstruction de l'abbatiale
en style baroque et de divers bâtiments contigus. Un dessin en pantopographie géométrique
de 1690 réalisé par Dom Gérard Sacré, receveur du monastère, décrit avec précision
l'ensemble des biens appartenant à la communauté. Ce dessin aquarellé illustre l'organisation
des divers bâtiments et la situation des différents espaces de culture et jardins
dans l'enceinte abbatiale sous l'Ancien Régime. Une numérotation des parcelles à la
manière d'une matrice cadastrale, renvoyait à une légende. Un vaste cloître animé
d'une fontaine occupait le flanc nord de l'abbatiale. Au-delà du bâtiment de la bibliothèque,
une seconde cour était occupée par un aménagement en croix (sans doute un jardin de
simples d'après la proximité du réfectoire et de ce qui devait être les cuisines).
A l'est du complexe figurait un jardin entouré de haies et de murs. Au-delà, s'étendaient
des bois traversés par des allées dont l'une menait à un lieu dénommé « Pourmenoir »
destiné à la promenade. L'espace était divisé par des haies et agrémenté de diverses
fabriques. Vers l'ouest de l'enclos étaient disposés, de part et d'autre de l'Obroecheuil,
des bâtiments utilitaires ainsi que de vastes potagers, vergers, « courtils » et « paschis ».
A l'ouest de la grange aux dîmes, l'espace accueillait des bassins dits « réservoirs ».
Dans le courant du XVIIIe siècle, les jardins à l'est de l'abbatiale sont prolongés et organisés en terrasses
tandis que le « Pourmenoir » et le « jardin de potagerie » dans les bois sont supprimés.
Cet état est illustré sur la carte de Ferraris. Après la Révolution française, l'abbaye,
devenue bien national, est acquise en 1798 par le baron Jean Constant Fidèle Duval,
futur Comte du Val de Beaulieu. Celui-ci réalise une opération financière en exploitant
les lieux comme carrière puis en revendant rapidement la propriété, privée de la majeure
partie des bâtiments conventuels. Le domaine est racheté en 1814 par un industriel
venu du nord de la France, Léopard Tiberghien, qui installe une filature de coton
dans les ailes des anciens dortoir, réfectoire et bibliothèque. Les bâtiments d'activité
longeant la rivière font place à la demeure du directeur, long corps en briques interrompu
par une verrière. Dès le début des activités industrielles, la plupart des jardins
abbatiaux disparaissent. Toutefois, quelques éléments de l'époque bénédictine restent
visibles : l'implantation de l'espace potager et verger sur les rives de l'Obroecheuil,
les murs d'enceinte et de soutènement, le tracé de certains cheminements ainsi que
les viviers en amont, au-delà de la clôture. Une nouvelle entrée marquée par un porche
classique est aménagée au nord, accompagnée d'une conciergerie. Depuis cette entrée,
une allée plantée de tilleuls longe un verger et un petit espace paysager et enjambe
la rivière avant de conduire à la maison de direction. En amont, un bief alimenté
par les anciens viviers fournissait l'eau nécessaire aux activités de la filature.
En 1957, suite à la faillite de l'exploitation, une mise à blanc radicale des bois
de l'ancienne abbaye provoque la disparition des derniers arbres remarquables et séculaires
qui les composaient, à l'exception d'un vieux tilleul. En 1959, le site intra-muros
est racheté par les missionnaires de Scheut. Le 20 mai 1959, un incendie ravage les
anciens dortoir, réfectoire et bibliothèque dont il ne reste aujourd'hui que les murs
de façades. Un nouvel édifice destiné à accueillir les groupes de retraite est élevé
à l'emplacement de l'ancienne abbatiale. Le site est alors géré en exploitation forestière,
principalement une peupleraie.
En 1971, les scheutistes quittent les locaux loués durant 6 ans aux pensionnaires
d'une section de l'Institut Reine Fabiola. En 1977, le site est racheté par une coopérative
formée d'un ensemble de familles dont l'objectif est la sauvegarde des lieux notamment
par la consolidation des murs et façades des bâtiments anciens et l'entretien des
espaces verts communs. Ceux-ci côtoient aujourd'hui de petits jardins privatifs créés
aux abords des anciens bâtiments réaffectés à l'habitat.
Éléments architecturaux : L'enceinte abbatiale est entièrement ceinturée par un mur en briques sur soubassement en pierre. Deux portails marquent les entrées du site : l'un des XVIe siècle et XVIIIe siècles (ancienne entrée), l'autre de style Louis XVI en pierre bleue, de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Le site est occupé par des vestiges et bâtiments - aujourd'hui restaurés - de l'occupation monastique : grange aux dîmes de la fin du XVIe siècle, bibliothèque du XVIIe siècle, écuries du XVIIIe siècle, murs extérieurs des anciens dortoir et réfectoire du XVIIIe siècle, tour de garde des XVIIe et XIXe siècles. On note également la présence, dans le mur de briques séparant la partie boisée de la zone occupée par les divers bâtiments, d'une cave réputée être une ancienne glacière. D'autres bâtiments sont contemporains de la filature de coton établie sur le site de 1814 à 1958 tel le logement du directeur et diverses annexes. Un bief en briques rappelle les activités industrielles du lieu. Une vaste construction réalisée dès 1959 par les pères de Scheut occupe partiellement l'emplacement de l'ancienne église abbatiale.
Éléments végétaux : Proche de l'entrée à l'ouest, deux ifs (Taxus baccata) encadrent le chemin d'accès ; prolongeant celui-ci à l'est et au nord, le long de la rivière, allée de tilleuls palissés (Tilia platyphyllos). Au sud, deux hêtres pourpres (Fagus sylvatica 'Atropunica'). A l'ouest des ruines de l'abbaye, alignement de cinq platanes (Platanus orientalis) d'environ 150 ans. Proche de l'ancienne tour au nord, massif de frêne commun (Fraxinus excelsior) et plantation circulaire de huit tilleuls argentés (Tilia tomentosa). Les vastes zones boisées occupant l'essentiel de la propriété sont constituées d'essences indigènes d'intérêt forestier. Dans les bois au nord, le plus vieil arbre est un tilleul argenté pleureur (Tilia petiolaris) âgé d'environ 300 ans. A l'est, proche de l'ancienne tour, deux platanes d'Orient (Platanus orientalis) bicentenaires.
Potager : Implantée entre le mur d'enceinte ouest et l'Obroecheuil, une longue zone de culture, encore partiellement exploitée, conserve de nombreux pieds fruitiers et des espaliers. L'implantation d'un verger à cet endroit est déjà attestée au XVIIe siècle.
L'eau : Le site est traversé du nord au sud par la rivière Obroecheuil qui alimentait autrefois une enfilade de bassins en amont. Aux abords de l'abbaye, l'Obroecheuil est canalisée dans de hauts murs en moellons calcaires, quelques ponts en pierre et des passerelles en béton récentes permettant de la franchir. Une dérivation, en partie couverte et encore partiellement visible, conduisait l'eau aux divers bâtiments conventuels. Son tracé a été réexploité lors de la construction du bief alimentant les machines hydrauliques de la filature. Une source jaillit du mur de soutènement à l'arrière des anciens dortoir et réfectoire. Son bac-réservoir a été récemment agrandi et couvert de dalles en pierre bleue.
État de conservation : La répartition des zones vertes sur le site résulte, pour l'essentiel, d'un aménagement réalisé à partir de 1814, lors de l'implantation de la filature dans les anciens bâtiments abbatiaux. Toutefois les murs de clôture, les murs de soutènement, l'implantation des vergers et du potager ainsi qu'un vieux tilleul dans la partie boisée sont contemporains de l'occupation monastique. Quelques aménagements autour des bâtiments ainsi que la plantation de bois de rapport sur la partie haute du site ont été réalisés sous les pères de Scheut. Depuis la fin des années 1970, plusieurs familles, réunies en coopérative, s'efforcent de maintenir et de restaurer les bâtiments et les espaces verts, notamment par la création de jardins privatifs autour des habitations, la replantation régulière d'essences variées dans la partie boisée et l'entretien des vergers.
Maintenance : L'ensemble de la propriété, gérée à la fois par la coopérative et par une association sans but lucratif, assure un entretien suivi. Les travaux tels taille des arbres ou ramassage des feuilles sont réalisés par les différents propriétaires. Des essences nobles sont replantées dans les zones boisées afin de remplacer les larges bandes de peupliers arrivés à maturité.
Carte chorographique des Pays-Bas autrichiens du Comte de Ferraris (1771-1777) : 53/4
Carte topographique 1.20.000e (Dépôt de la Guerre) : 45/4 (Obourg) Impr. coul. 1898
Carte topographique 1.10.000e (Institut Géographique National) : 45/4
Orthophotoplan 1.10.000e (Service Public de Wallonie) : 45/4/3
Autre(s) source(s) cartographique(s) :
Plan d'implantation des bâtiments et enceinte de l'abbaye par R. Moreau, échelle 1/1250ème.
Etat des lieux à la fin des années 1970, anonyme.
Autre(s) source(s) iconographique(s) :
Abbaye de Saint-Denis. Gouache d'A. de Montigny, vers 1600.
BAUDOUIN Jean-Claude et de SPOELBERCH Philippe, Arbres de Belgique. Inventaire dendrologique 1987-1992, s.l., 1992, p. 428.
Intitulé du classement : Monument
Éléments classés : portail d'entrée, grange aux dîmes, bibliothèque et portail secondaire
Arrêté : 1981-04-06
Publié : non
Superficie : 17 hectares, 86 ares (dont bois)
Auteur du formulaire : Didier Hoyos / Odile Moreau
Date de création de la notice : 2002-11-03
Statut du jardin : privé
Accueil du public : fermé au public
Classement : Monument
Type de jardin : Paysager