Identification et description
Nom du jardin Parc du Château de Sorinnes
Date de création début du XVIIIe siècle; début du XIXe siècle; milieu du XIXe siècle; début du XXe siècle
Province Namur
Arrondissement Dinant
Commune Dinant
Coordonnées rue du Château, 125500, Sorinnes
Localisation Latitude : 50.26009560000001
Longitude : 4.98230430000001

Historique

Sorinnes est le siège d'une seigneurie liégeoise détenue à partir de 1599 par la famille Villenfagne. Une ferme-château est élevée au XVIIe siècle à côté de l'église, dotée d'un gros logis presque cubique donnant sur une cour accessible par une tour-porche au sud. Le jardin, situé à l'orient, se partage en six carrés potagers bordés de plates-bandes fleuries. « Une Alée de Charmille, large de seize piés, haute et bien taillée, se plie en équerre, et en occupe deux côtés » , l'un garni d'espaliers et le second relevé en terrasses et fermé d'un mur à hauteur d'appui . » Un grand et magnifique verger, cotoié d'une semblable Alée de Charmille longue de cent cinquante pas, ocupe le terrain contigu. De là l'on passe par une Alée de Maronniers sur une vaste Esplanade bordée d'un plant de jeunes Noiers » (De Saumery). Cette description précise est corroborée par la carte du Comte de Ferraris levée trente ans plus tard et sur laquelle figurent clairement les différentes allées et vergers.En 1802, les Villenfagne font édifier un nouveau château à l'emplacement des vergers s'étendant à l'est de la ferme. La maison de plaisance à double corps de sept travées est prolongée vers le nord par deux courtes ailes encadrant une vaste cour. En 1867, la façade sud (avant) est recomposée par l'adjonction de deux tours d'angle carrées sous pavillons et d'un frontispice central précédé d'un perron à double volée sous balcon. De cette époque datent également les dépendances (grange, étable et tour-pigeonnier) isolées à l'est. Etonnament, depuis le XVIIIe siècle, l'emprise de la propriété a perduré de même que l'ordonnance du jardin. En partie nord, en regard de la façade arrière du château et de sa cour, celle-ci est donnée par la présence de trois allées plantées dont la plus majestueuse est une plantation âgée et incomplète en tête de 2 X 9 châtaigniers, axée sur la façade du château. Celle-ci était complétée d'alignements latéraux simples de marronnier dont plusieurs sujets survivants ont récemment été supprimés à proximité des façades nord des dépendances. Deux allées cotoyent les limites ouest et est du parc, la plus longue entièrement en tilleul (à l'ouest) et la plus récente en tilleul et en if (à l'est). De part et d'autre des châtaigniers, les deux grandes surfaces gazonnées en léger contrebas laissent imaginer la présence au XIXe siècle d'un jardin régulier dont les limites figurent sur la carte topographique. Depuis le début du XXe siècle, deux longues haies d'if taillées en hémicycle, mises en place sur les anciennes limites de ce jardin, restructurent l'espace en reliant les allées latérales. Des figures sculptées posées sur des socles - seuls conservés - et des bancs de pierre animaient une suite de niches ménagées dans les parois végétales. A l'arrière-plan de ce long bandeau de verdure apparaissent les silhouettes contrastées des frondaisons de hauts conifères (cyprès et if) et des couronnes de feuillus. La partie sud de la propriété, contournée par le chemin d'accès, n'est plus qu'un grand pré de fauche ponctué d'un îlot arboré mixte. Cet espace occupé dès le XVIIIe siècle par un verger puis, au début du XXe siècle, par une petite composition régulière, ne présente plus aujourd'hui aucune organisation au-delà d'une étroite terrasse en pierre du début du XXe siècle. Malgré les pertes et les transformations successives du parc, l'allée de châtaignier témoigne de la force du dispositif planté mis en place dès le début du XVIIIe siècle, complété et à peine modifié au cours des siècles pour accompagner la nouvelles maison de plaisance du XIXe siècle jusqu'à nos jours.

Description

Éléments architecturaux : Accolée aux dépendances à l'est du château, tour-pigeonnier de la fin du XIXe siècle en brique et pierre couverte d'une haute toiture d'ardoise en pavillon, remaniée en 1907. Devant le château et séparé de celui-ci par un terre-plein gravillonné, étroite terrasse en calcaire où des dalles rectangulaires enserrent une surface couverte de cassons disposés en « opus insertum ». Des murs bas en moellons couverts d'un épais couvre-mur contournent l'ouvrage. Trois courtes volées d'escaliers interrompent les murs de soutènement.

Éléments végétaux : Jouxtant de l'angle sud-ouest du château, un premier groupe d'arbres est constitué d'un haut frêne (Fraxinus excelsior), d'un merisier (Prunus avium) et d'une belle cépée de houx (Ilex aquifolium). Un second groupe plus important est planté de frêne et de marronnier. Dans la prairie devant le château, élégant massif arboré incluant un hêtre à feuilles laciniées (Fagus sylvatica 'Heterophylla'), un hêtre pourpre (Fagus sylvatica 'Atropurpurea'), un érable panaché (Acer pseudoplatanus 'Leopoldii') et des frênes. A proximité de cet ensemble existait un grand cèdre aujourd'hui disparu. Près de l'angle sud-est du château, vieil exemplaire de cornouiller des sous-bois (Cornus mas). Le long des murs de dépendances à l'est subsistent des fruitiers palissés. Derrière le pigeonnier, relief d'un alignement de tilleul voisinant avec deux noyers (Yuglans regia). Derrière le château, le jardin est traversé par trois allées relevant d'époques de plantation différentes. Dans l'axe de la façade, l'allée la plus ancienne est constituée de 2 x 9 châtaigniers (Castanea sativa) complétée en tête de marronniers et d'un noyer.A l'ouest, une longue allée oblique de tilleul (Tilia platyphyllos) se termine au nord-ouest par deux marronniers (Aesculus hippocastanum). A l'est, l'allée la plus récente est plantée de tilleuls d'âges différents, complétés par des groupes d'if (Taxus baccata). Une petite plantation de rapport de noyer (Yuglans regia) cotoye cet ensemble en limite est de la propriété. De hautes haies d'if (Taxus baccata) forment un vaste hémicycle ouvert en son centre dans le prolongement de l'allée de châtaignier. Les haies sont rythmées de décrochements destinés à la mise en place d'éléments sculptés reposant sur des bases carrées en pierre calcaire. Derrière cette importante structure végétale, on perçoit les couronnes des grands arbres d'une petite forêt jardinée.

Potager : Compris à l'ouest de l'allée oblique de tilleul, potager emmuré désaffecté dont la partie basse (au sud) dessert aujourd'hui les activités agricoles de la ferme voisine.

L'eau : Le long du chemin d'accès, petit plan d'eau en voie d'assèchement entièrement colonisé par des roseaux et des iris.

État de conservation : A la fin du XVIIIe siècle, un jardin cultivé occupe déjà l'espace compris l'allée oblique ouest et les limites de la propriété dans cette direction, comme l'atteste la carte de Ferraris. Les abords de la façade arrière du château et de la ferme sont plantés de vergers et d'alignements d'arbres tandis qu'un jardin régulier précède le château au sud. Au début du XIXe siècle, un nouveau château est construit (de 1802 à 1807). L'allée de châtaignier date probablement de cette époque tandis que l'allée de tilleul semble avoir été plantée vers le milieu du siècle. Toutes deux apparaissent clairement sur la carte topographique au 120.000e (révisée en 1886). Aucun jardin ne figure en partie avant de la propriété. L'étroite terrasse en pierre dotée de trois courts escaliers relève d'un aménagement du début du XXe siècle. Celui-ci devait précéder une petite composition régulière aujourd'hui entièrement disparue, ayant fait place à un pré de fauche en légère pente. Le seul vestige végétal de cet ensemble est une tablette de troêne (Ligustrum ovalifolium) s'appuyant contre le mur de soutènement latéral de la terrasse.L'importante structure en if qui flanque l'allée de châtaignier semble relever de la même époque. Les trois allées, complétées à plusieurs reprises, sont aujourd'hui incomplètes. Un léger relief en creux constaté au pied des alignements de châtaignier laisse penser à l'existence ancienne d'un jardin régulier organisé de part et d'autre de l'allée. Depuis les années 1970, une plantation écran de cyprès et de pin isole le jardin de la ferme voisine.

Maintenance : Le jardin en partie avant est un grand pré de fauche qui ne demande qu'un minimum de soin. Le petit plan d'eau est actuellement asséché. Les allées de circulation sont nettoyées et les grandes surfaces gazonnées traversées par les trois allées sont coupées régulièrement. Les haies d'if font l'objet de tailles - exécutées avec précision - faisant apparaître une structure nette participant de l'organisation spaciale du parc. Celles-ci isolent les surfaces gazonnées des ensembles arborés de fond de parc dont elles ne laissent voir que les couronnes. Ces dernières années, plusieurs marronniers de belle taille - reliefs d'alignements perpendiculaires à l'allée de châtaignier - menaçant de tomber ont dû être abattus pour des raisons de sécurité.

Cartographie

Carte chorographique des Pays-Bas autrichiens du Comte de Ferraris (1771-1777) : 138/3

Carte topographique 1.20.000e (Dépôt de la Guerre) : 53/8 (Dinant) Impr. N/B 1899

Carte topographique 1.10.000e (Institut Géographique National) : 53/8

Orthophotoplan 1.10.000e (Service Public de Wallonie) : 53/8/2

Iconographie

Autre(s) source(s) iconographique(s) :
Vue du château de Soriennes en Condros. Dessin à l'encre de R. Leloup, 1738 au plus tard.
VASSE Abraham-Jacques, La province de Namur pittoresque ou vues des châteaux, des sites pittoresques, des ruines et des monuments de la province, dessinées d’après nature. Lithographiées par Lauters, Fourmois, Ghémar, Kindermans, Bruxelles-Paris, [1844].

Bibliographie

DE SAUMERY Pierre-Lambert, Les délices du Païs de Liège, Liège, 1738-1744, t. 3, p. 74-75.

Le patrimoine monumental de la Belgique Wallonie, Liège, P. Mardaga, 1972 à 1997, vol. 1, t. 22, p. 514.

Recensement des arbres et haies remarquables de Wallonie, Ministère de la Région Wallonne.

Informations administratives

Publié : oui

Superficie : 2 hectares

Informations complémentaires

Auteur du formulaire : Serge Delsemme / Nathalie de Harlez de Deulin

Date de création de la notice : 2002-03-13

Caractéristiques du parc/jardin

Statut du jardin : privé

Accueil du public : fermé au public

Type de jardin : Mixte